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 Les lectures de pasdel

Les lectures de pasdel

Mes lectures, mes coups de coeur, mes humeurs... voici ce que vous retrouverez dans mon blog.


Les jours, les mois, les années

Publié par leslecturesdepasdel sur 7 Juin 2012, 20:45pm

Catégories : #Mes coups de coeur

    les-jours.jpegNī hāo, nous voici dans l'Empire du milieu, la sécheresse sévis depuis  de long mois dans cette région montagnarde contraignant les villageois à quitter le village. Seul un vieillard et son chien aveugle décidé de rester pour sauver un jeune plant de maïs, seul rescapé de ce désastre écologique.


   Une amitié va naître entre ces deux êtres, une complicité qui s'étoffera au fil des obstacles, des difficultés rencontrées par le couple: "L’aïeul avait recueilli la bête.
Il pensa, heureusement que j’ai recueilli ce chien aveugle, sans quoi je me serais retrouvé seul ici, sans personne à qui parler."


   Les jours, les mois, les années est une histoire sur la vie, la lutte pour la survie, la ténacité et l'ingéniosité mise au point par un sage homme pour faire grandir son dernier plant malgré les éléments contraires. Lutte de l'homme contre la nature, contre les prédateurs, lutte pour l'espoir, le maïs représente l'avenir: "L’aïeul pensa que sur cette chaîne de montagnes dénudées, il avait fait pousser du maïs, qu’il en décortiquerait l’épi pour remplir un bol de grains, des grains aussi précieux que des perles, dont les villageois pourraient se servir comme de semences lorsqu’ils reviendraient, lorsque la sécheresse aurait cédé la place à la pluie. Alors les saisons se succéderaient, et sur cette chaîne montagneuse on verrait de nouveau une immense étendue verte, des champs et des champs de maïs à perte de vue. Quand je mourrai, ils mettront une plaque sur ma tombe, une plaque en mon honneur, en souvenir de ma bonne œuvre."
Une histoire tendre entre ces deux amis que la faim et la misère unissent, les obligeants à s'entraider, à partager le peu qu'ils ont. C'est aussi un livre sur le partage et l'entraide devant une situation qui paraît inéluctable. On se prendra d'amitié pour ces deux êtres au bord de la mort qui se rattachent à cette plante comme un pont suspendu entre deux rives.

Un petit livre à savourer, à faire mûrir dans sa tête, à grignoter le temps d'un week-end .


Extraits:


"Il se dirigea vers le sophora pour y prendre sa houe, vers la cabane pour y prendre un bol, et commença à retourner la terre, en partant du début du champ. Au troisième coup de houe, deux grains de maïs émergèrent, intacts et brillants, brûlants de soleil. Il se mit alors à retourner la terre en respectant l’intervalle d’origine de la semaison. A chaque coup de houe, il dénichait un ou deux grains. Après avoir peiné sur environ la moitié de l’arête montagneuse, il put remplir son bol à ras bord."

"Le jeune maïs poussait de plus en plus. La nuit venue, ses feuilles bruissaient très légèrement, cela ressemblait à la respiration d’un bébé profondément endormi."

"(...)alors il se battait avec la chaleur, cherchant à récupérer cette vapeur, disant, j’ai soixante-douze ans, que n’ai-je pas vécu ? Toi le puits asséché, tu veux me décourager ? Il suffit qu’il y ait de l’eau sous terre et je trouverai le moyen de la faire sortir. Toi le soleil, tu es bien habile, assèche donc toute source souterraine.
L’aïeul était toujours victorieux."

"L’aïeul dit, n’aie pas peur, l’aveugle, après j’aurai mon bol et tu en auras la moitié. Je préfère mourir de faim moi-même plutôt que de te laisser mourir de faim.
Les yeux du chien s’emplirent de larmes. Et les larmes coulaient puis tombaient pour former deux petites mares sur le sol, rondes comme des pois."

"L’aïeul pensa que sur cette chaîne de montagnes dénudées, il avait fait pousser du maïs, qu’il en décortiquerait l’épi pour remplir un bol de grains, des grains aussi précieux que des perles, dont les villageois pourraient se servir comme de semences lorsqu’ils reviendraient, lorsque la sécheresse aurait cédé la place à la pluie. Alors les saisons se succéderaient, et sur cette chaîne montagneuse on verrait de nouveau une immense étendue verte, des champs et des champs de maïs à perte de vue. Quand je mourrai, ils mettront une plaque sur ma tombe, une plaque en mon honneur, en souvenir de ma bonne œuvre."

" (...) laisse-moi vivre encore jusqu’à ce que le maïs soit mûr, c’est pour lui que je suis resté, tu dois me laisser vivre jusqu’à la récolte. Alors laisse-moi vivre encore, jusqu’à ce que la pluie tombe, jusqu’à ce que les villageois reviennent, que je puisse leur donner l’épi de maïs."

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Lilarose 23/06/2012 08:37

Merci pour cette découverte. A quand vos impressions sur José-carlos Somoza ?.

leslecturesdepasdel 24/06/2012 20:32



Un jour prochain, il m'attend dans une P.A.L.



le Bison 11/06/2012 22:39

J'avais lu, quelques semaines auparavant, également un petit roman de Yan Lianke. "Servir le Peuple".
Un récit plus politique, et peut-être aussi plus subversif, mais à savourer le temps d'un week-end gris où l'auteur s'amuse sur les symboles politiques de la Chine communiste et les facéties des
deux protagonistes.
La plume de Lianke prêtait à sourire et j'avais bien apprécié son esprit.

leslecturesdepasdel 12/06/2012 19:51



Oui j'avais bien aimé ta critique d'ailleurs.



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