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 Les lectures de pasdel

Les lectures de pasdel

Mes lectures, mes coups de coeur, mes humeurs... voici ce que vous retrouverez dans mon blog.


Traces d'ombre

Publié par leslecturesdepasdel sur 21 Juin 2013, 21:11pm

Catégories : #Lecture

De Nuno Júdice

Titre original : Vesperas de Sombra

Traduction de Geneviève Leibrich

Edition Métailié, 138 pages

 

http://images.empreintesduweb.com/vignette/1371842227.jpg

 

  Le Portugal du XXème siècle recèle son lot de blessures sous l’ère d’António de Oliveira Salazar, et comme souvent sous les dictatures, les non-dits et les silences étaient garant de survie. Nuno Júdice nous convie dans un voyage en terre d’Algarve, là où le silence est loi. Dans ce passé troublant et douloureux, dans cette campagne âpre et sauvage, régie par le dur labeur quotidien, la misère et le mutisme. Dans un Portugal au bord des limbes du souvenir, à la frontière de l’onirisme et du fantastique, dans un monde fantasmagorique limitrophe du musée et du cimetière, où des silhouettes spectrales et erratiques évincent les ombres de ces paysans. Dans ce village, il existera toujours une pierre, une maison ou une photo d’où jaillira le passé, la rumeur. Et la maison du Maitre ne déroge pas à la règle. Cette antique bâtisse, aux odeurs peccamineuses, fut l’observateur silencieux d’amours sulfureux, de destins tragiques et de disparitions mystérieuses.

  Par le truchement d’une métonymie, Nuno Júdice nous ouvre les portes de ces secrets, de ces rumeurs, de ces plaies et de ces amours passionnés, usant du silence et de l’oubli comme protection. Mais souvent les nuits ravivent  ces douleurs longtemps gardées en mémoires, comme des traces invisibles qui nous habitent.

 

Dans un style parfois pénible qui peut relever du chemin de croix, Nuno Júdice nous livre son premier roman, sorte de long poème plaintif mêlant passé et présent, réalité et fantastique. Un exercice de style périlleux pour un poète qui peut en rebuter plus d’un.

 

 

" Mais l'amour ne lui apportait pas ce bonheur; et pendant qu'elle se sentait enlacée comme si elle était habitée par une autre qu'elle voyait dans la situation qu'elle-même avait créée, elle se rendait compte que cet homme  dégageait des ondes maléfiques, une aura démoniaque, ou alors était-ce le reflet de la lumière faible dans ses yeux fixes qui y introduisait au plus profond un scintillement de feu qu'elle regardait avec l'inertie d'une condamnée, se sentant entraînée vers cet abîme qui suscitait pourtant en elle un désir irrésistible" (page 59).

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