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 Les lectures de pasdel

Les lectures de pasdel

Mes lectures, mes coups de coeur, mes humeurs... voici ce que vous retrouverez dans mon blog.


La chambre des morts

Publié par leslecturesdepasdel sur 15 Février 2013, 15:38pm

Catégories : #Policier

De Franck Thilliez

Édition Pocket, 342 pages

 

 

    http://images.empreintesduweb.com/vignette/1360942510.jpg Dunkerque, 51° 02′ 39″ Nord, 2° 22′ 39″ Est, port industriel du Blootland. La ville prépare lentement, dans les frimas glacés de l'hiver son réveillon de Noël, ainsi que son célèbre carnaval. Les bandes des enfants de Jean Bart attendent l'ouverture, confectionnant leur clet'che tout en répétant la cantate. Mais en cette veille de la nativité, deux hommes, Vigo Nowak et Sylvain Coutteure n'ont pas le coeur à festoyer. L'heure est à la révolte contre ceux qui les ont licenciés il y a plus de six mois.

 

"— C’est triste d’en arriver là, mais bon, trinquons à ce semblant de victoire…

Un silence tranchant les confina dans les souvenirs amers. Licenciés pour raisons économiques, avec un minimum d’indemnités. Livrés aux mâchoires carnassières d’un monde sans couleur. Noël s’annonçait terne cette année, avec ses bagues en toc et ses imitations de cigares. Faute de grives…"

 

  Leur bombage accompli, il leur faut décharger cette adrénaline et pour cela Vigo ne connait rien de mieux qu'une petite virée nocturne pied au plancher et phares éteints au milieu des éoliennes. Accélération foudroyante, tachycardie maximale, poussée d'hormone, le moteur vrombit. L'engin s'arrache de l'asphalte dans la nuit. Vigo jouit aux commandes de son bolide et l'inattendu surgit. SPLASH! Bingo! Le gros lot!

Sur le bas côté gît le corps sans vie d'un homme. Mais derrière le maccabée, il y a le blé. Sous les os, il y a le magot. Deux millions d'euros! Alors, ni une ni deux, Vigo entraîne Sylvain, ramasse le corps, efface traces et empreintes ( comme dans la pub: Vigo y a pas plus fo! ).  Puis direction   Clairmarais et l'Audomarois, rien de tel qu'un petit bain de lentilles pour redonner un teint plus vert au cadavre.

 

"La masse frappa l’eau avant que, lentement, les lentilles dérangées ne regagnent leur place. Le mort s’enfouissait vers les abysses, emportant un secret scellé par la peur, le dégoût… l’argent…"


  Et vive le soleil, la plage et les corons...! Oui, mais ce que nos compères ignorent, c'est que dans les entrailles  de l'ancienne raffinerie de Grande-Synthe sévit celui que l'on appelle le monstre. Cet argent lui était destiné! La bête a tout vu et on peut dire qu'elle n'a guère apprécié. Sournoisement, insidieusement quelqu'un agit dans l'ombre...

 

   Le commissariat central de Dunkerque sonne creux, tout le monde ou presque  est en vacances. C'est ainsi que le brigadier Lucie Henebelle se retrouve sur le terrain devant le corps mutilé de la petite Cunar alors qu'elle enquêtait avec le lieutenant Norman sur une banale affaire de tag. L'occasion est trop belle de confronter ses lectures à la réalité, de se frotter à un psychopate, de changer sa routine. Il

va falloir très vite se mettre en action.

 

  Pendant ce temps, l'agglomération dunkerquoise somnolente apprend la disparition d'une nouvelle fillette, Éléonore, 13 ans, diabétique n'

est pas revenue de sa course à la pharmacie. Il lui reste 50 heures environ avant de mourir, cinquante heures à vivre, à espérer.

 

 

"Le Monstre se rendit dans une autre cave. Sa langue décrivit de belles ellipses de satisfaction sur ses lèvres. Dans un angle, le matelas délabré qui enflait d’humidité ferait l’affaire. Sa prochaine victime ne vivrait pas assez longtemps pour s’en plaindre.


Cette salle voûtée était parfaite. Il restait juste à ôter la poignée intérieure de la porte parce que, demain, la première chose qu’essaierait de faire sa nouvelle matière première serait de fuir. Évidemment…"

 

 

 

Ah, il fallait pas, il fallait pas qu'il aille!

Ah, il falllait pas, il fallait pas y aller...

 

  Dans  un thriller en nord ( elle est facile celle-là, surtout avec un super pactole de deux millions d'euros), Franck Thilliez nous maintient en suspension usant d'artéfices bien rodés. Sur un rythme effréné, on voyage au grè des enquêteurs, de Vigo ou Sylvain, mais aussi sur le terrain de chasse du monstre. Un roman à plusieurs têtes, où le hasard et les coïncidences, tel l'effet papillon, dirigent le lecteur vers de nouveaux rebondissements, de nouvelles pistes. L'auteur, tout en suggestion, nous plonge au coeur de l'horreur, ciselant, martelant sans cesse notre imagination. Malheureusement, la fin n'est vraiment à la hauteur de nos espérance.

 

  Avis aux amateurs, j'ai passé au peigne fin les terrils jumeaux, je les ai déplacé à la petite cuillère, ils ont même pas laissé traîner un petit billet de cent euros, les pingres!

 

http://images.empreintesduweb.com/vignette/1360954797.jpgPROLOGUE

AOÛT 1987 - NORD DE LA FRANCE

Depuis la nuit dernière, l’odeur avait encore empiré. L’infection ne se contentait plus d’imprégner les draps ou les taies d’oreiller, elle se diluait dans toute la chambre, tenace et nauséeuse. Une fois son tee-shirt ôté, la fillette l’avait écrasé sur son nez avant de nouer les extrémités autour de sa tête. Stratagème inefficace. Malgré la barrière de tissu, les molécules olfactives distribuaient leur poison invisible. Il est des fois où l’on ne peut rien contre plus petit que soi.

À travers les fenêtres verrouillées, l’été déversait une moiteur grasse, les mouches bourdonnaient, agglutinées en losanges émeraude sur un trognon de pomme pourri. De plus en plus, l’enfant se sentait impuissante face aux hordes ailées. Les insectes se multipliaient à une vitesse prodigieuse et fondaient sur le lit, trompes en avant, à chaque fois que la petite relâchait son attention. Bientôt, épuisée, affamée, elle serait forcée de capituler.

Même pas neuf ans et pourtant, déjà, l’envie de mourir.

Sa gorge brûlait, sa langue gonflait, son organisme se liguait contre elle en un arc douloureux. Il fallait boire, absolument. Ce qui impliquait quitter la couche, s’éloigner de la chambre et foncer jusqu’à la salle de bains.

Oh non !

Des facettes d’yeux la disséquaient par dizaines, des ailes se déployaient, parées à arracher de terre les petits corps velus.

Ça ne prendra qu’une minute ! Une seule minute ! Ces sales bêtes n’auront pas le temps de…

La gamine laissa flotter une main le long des couvertures sans lâcher du regard ses ennemis répugnants. Une forte envie d’uriner la torturait depuis plusieurs heures. Dans la salle d’eau, elle en profiterait pour se soulager dans le lavabo, comme elle le faisait depuis trois jours. Pas question de descendre au rez-de-chaussée.

Son front, ses membres, marbrés de bleus, luisaient de sueur. Pas un murmure d’air. Oxygène brûlant. Températures caniculaires même ici, dans le poumon lugubre de la forêt. À chaque inspiration, l’impression d’inhaler des lames de rasoir. Quand le calvaire cesserait-il ?

La fillette terrorisée serra sa peluche, un singe miniature, avant de regrouper ses pieds sur la moquette, prête à courir. Un craquement d’escaliers brisa son élan. Ça y est. Son tour arrivait.

Elle se rua sur la porte, tourna le verrou, plongea sur le matelas pour étreindre son trésor de chair.

Ils ne te prendront pas, je te le promets. Jamais !

Des coups éprouvèrent le vieux bois. Si violents que la petite rentra la tête entre les épaules, recroquevillée au possible. Sa vessie creva, diluant une chaleur d’or entre ses cuisses.

L’homme en uniforme maîtrisa de justesse son estomac quand il affronta les odeurs de putréfaction pour soulever les draps. Les deux seuls mots qui se suspendirent à ses lèvres furent :

— Seigneur Dieu !

 

Commenter cet article

béatrice 16/02/2013 17:10


j'ai bien cherché un coquin de troll sur les bords de la durance, à mon tour de t'imaginer avec ta petite cuillère sur les terrils... quoi qu'il en soit, aussi bien toi que moi... il fallait pas,
il fallait pas y aller ;-D

leslecturesdepasdel 16/02/2013 17:14



On reconnait l'carnavaleu



béatrice 16/02/2013 16:51


avec, en plus, une petite touche de fantaisie qui m'est un peu familière ;-)

leslecturesdepasdel 16/02/2013 16:57



Vous voulez dire madame?



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